La voix de ses maîtres

Ce sont des amis proches, presque des membres de notre famille. Nous les appelons affectueusement par leurs noms : «Alexa», «Siri» ou bien encore «OK Google!». Après quelques temps de vie commune en leur compagnie, nous agissons presque comme s’ils étaient de vraies personnes. Toujours prêts et toujours à notre service, les assistants numériques vocaux envahissent nos vies en nous assistant dans presque tous les tâches de notre quotidien.

Le marché des enceintes intelligentes connectées devrait connaître une forte croissance au cours des prochaines années. Selon ComScore, et à l’horizon 2020, 50% de toutes les recherches sur Internet devraient passer par la voix plutôt que par l’écrit comme cela est actuellement le cas. Pour atteindre un tel niveau de croissance, nul doute que nous allons assister à une explosion du nombre de ces appareils. Ces derniers non plus seulement présents à notre domicile mais, et dans un futur proche, également dans les espaces de travail. Au bureau, les occupants utiliseront ces assistants vocaux de manière très régulière, ce qui ne manquera pas d’entrainer d’évidentes nuisances sonores. Aussi, il deviendra indispensable que les acteurs immobiliers réfléchissent à la façon de concevoir des espaces de travail qui permettront d’accueillir ces nouveaux appareils tout en minimisant les perturbations sonores causées par ces objets numériques qui parlent notre langage.

Imaginez un bureau dans lequel tous les occupants dicteront leurs courriels à voix haute. Si vous pensez déjà que votre voisin de bureau est bruyant, imaginez les futures nuisances sonores lorsque chacun ira de sa tirade à destination de son assistant vocal. Dans cette perspective, il ne fait aucun doute que les espaces de travail vont probablement devenir des zones bruyantes au point de perturber la concentration de tous. Entre les conversations, les appels téléphoniques et le bruit généré par les claviers des ordinateurs, la cacophonie peut vite s’installer, ce qui se traduit par plus de fatigue au fil du temps. Imaginez quand chacun ira de sa propre apostrophe en interpellant son assistant numérique…

Les solutions à ces problèmes devront tout à la fois être « physiques » mais aussi numériques et culturelles. Il faudra en premier lieu renforcer l’insonorisation des locaux et, sans doute, disposer de zones dédiées dans lesquelles réglementer l’usage de ces objets connectés. Dans le même temps, il  conviendra également de convenir de règles communes qui définiront les nouveaux usages pour s’adresser à ces assistants vocaux. Faisons le pari qu’au fur et à mesure que l’intelligence artificielle se perfectionnera, les systèmes embarqués de ces assistants vocaux permettront de distinguer les conversations « normales » entre collègues des autres moments pendant lesquels nous solliciterons ces machines.

Si les assistants vocaux peuvent perturber la vie de bureau, nul doute qu’ils pourront contribuer à faire évoluer les façons de travailler. Alimentés par l’intelligence artificielle, ces systèmes de reconnaissance vocale (et à terme ceux  de reconnaissance faciale) pourraient aussi permettre de faire évoluer les méthodes de travail. L’exemple de «Duplex», nouvel assistant vocal de Google, incarne à lui tout seul ce changement. Grâce à une voix humaine d’un réalisme saisissant, l’assistant numérique peut, de lui-même, se charger d’effectuer des appels téléphoniques. Via cette fonctionnalité, ce robot « presqu’humain »  pourrait faire disparaître certaines tâches répétitives et à faible valeur ajoutée.

De manière plus fondamentale, les assistants vocaux soulèvent également la question de la configuration des espaces de travail afin que ces derniers s’adaptent à ces nouvelles interactions « Hommes – Machines ».  Cela revenant finalement à s’interroger sur la façon d’intégrer ces assistants vocaux aux environnements de travail. Pour ce faire, il reviendra de réfléchir à la façon de minimiser les distractions afin que ces assistants numériques soient de véritables aides et non d’indomptables machines.

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